
En écoutant les propos d’O. Abossolo hier soir *, l’ambivalence amusante entre l’attachement vital des premiers mois de notre vie et la nécessité de pratiquer le détachement libérateur dans nos vies d’adulte, s’est imposée à moi. Nous avons tous en tête la théorie de J. Bowlby sur l’attachement ainsi que les (tristes) travaux de H.Harlow sur les bébés macaques rhésus. Selon Nicole Guedeney, dans la théorie de l’attachement, « «être attaché à quelqu’un» signifie seulement qu’en cas de détresse, on se tourne vers cette personne spécifique pour y trouver un sentiment de sécurité. L’attachement est donc une dimension très particulière des liens interpersonnels affectifs durables et importants entre deux personnes. Si les premières relations d’attachement se construisent entre le bébé et ceux qui l’élèvent, nous construisons des relations d’attachement tout au long de notre vie. ../..Dès le début de la vie, toute situation d’alarme ou de détresse à laquelle nous sommes exposés, active notre système d’attachement. » L’attachement, au-delà de sa contribution à la survie de l’enfant (protégé par l’adulte qui pratique le caregiving), permet de réguler son fonctionnement psychophysiologique (dont le stress), de développer la mentalisation et ses compétences personnelles. En tant que parents, nous répondons donc en fait aux intentions de comportement du bébé, que nous imaginons et interprétons. Le bébé va construire un modèle des autres et de soi, en situation de stress, grâce à nos réponses. Ce modèle (ces fameuses représentations mentales), nous l’utilisons aussi en tant qu’adultes. Nous interprétons les signaux que nous percevons, à travers le filtre de nos émotions, de nos croyances, de nos transmissions intergénérationnelles etc.. Certains de nos attachements aux personnes, à des biens matériels, à des valeurs, des principes, des idées, à ce que nous croyons être des besoins ou désirs qu’il est impératif de satisfaire, la plupart du temps, nous enferment. La peur du manque et d’insécurité nous poussent à conserver nos attachements qui nous limitent et nous empêchent d’être cohérents et authentiques, dans le présent, à l’écoute de nous-même et dans l’acceptation de ce qu’est l’autre. Pour paraphraser O. Abossolo, le détachement nous permet de prendre confiance en nous. Il nous libère de la pression du résultat (souvent - être aimé -). Il permet la liberté d’être soi-même, sans rien attendre de l’autre. "Le détachement ouvre tout le champ des possibles." Alors, qu’attendons-nous pour nous détacher ? * Soirée thématique du 03/12/2019 de Jocelyne Volaire et Olivier Abossolo. .